Le Figaro – Par Nicolas BAROTTE – Publié le  03 août 2007

Bernard Kouchner et Éric Besson sont les cibles privilégiées des responsables socialistes.

AVANT, ils s’appelaient parfois « camarades » et le tutoiement était de rigueur. Mais en commission des affaires étrangères, lundi, les socialistes ont donné du « Monsieur le ministre » à Bernard Kouchner pour lui demander des explications sur la libération des infirmières bulgares. À la sortie, leurs critiques sont un brin condescendantes contre cet « acteur qui n’a joué aucun rôle » selon le mot du premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande. Porte-parole du groupe, André Vallini insiste : « Il n’y a eu ni chahut ni agressivité » durant l’audition. Fallait-il le préciser ?

Pas facile, en réalité, de trouver le ton juste, quand on est socialiste, pour s’opposer aux ministres « d’ouverture ». Benjamin PS de l’Assemblée, Olivier Dussopt raconte par exemple un sentiment de « gêne » partagée entre les élus d’opposition et le secrétaire d’État à la Politique de la ville Fadela Amara, lors d’une audition en commission.

Pas de « traitement différencié »

Contrairement à d’autres, Dussopt a la chance de ne connaître personnellement aucune de ces personnalités de gauche passées dans le camp du président. « Ce sont des ministres du gouvernement Sarkozy et nous des élus de l’opposition », dit-il. C’est la ligne quasi officielle. « On ne comprendrait pas un traitement différencié. Ni indulgence ni hargne surjouée », explique le député du Gers, Philippe Martin.

Quand même : toutes les situations ne se valent pas. Premier à avoir franchi le Rubicon, le secrétaire d’État Éric Besson, est l’objet de qualificatifs assassins : « Tout son cheminement me le fait considérer comme un triste sire », dit un élu. Kouchner, pour l’instant, suscite une forme de mépris.

Son cas a été évoqué lors d’une réunion du groupe PS, à propos d’une de ses interventions. Les socialistes ont convenu de ne pas surréagir, comme pour le banaliser. Jean-Marie Bockel, dont les idées sociales libérales sont connues, appelle peu de commentaires. Martin Hirsch, Fadela Amara ou Jean-Pierre Jouyet forment une catégorie à part : aucun socialiste ne les accuse d’opportunisme et on les juge sincère dans leur démarche. « Ils pensent réellement pouvoir infléchir la politique du gouvernement », dit un responsable PS.

Les liens d’amitié, quand ils existaient, sont mis à mal. Bien qu’ils aient été proches, Éric Besson et André Vallini ne s’étaient pas revus depuis la campagne présidentielle, lorsque Besson a sauté le pas. Ils se sont croisés mardi à l’Assemblée. Leur échange a duré cinq minutes et ils sont convenus de se revoir à la rentrée. Secrétaire d’État aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet a pour sa part écrit le mois dernier à son ami François Hollande. Fin juin, sur Canal +, le premier secrétaire avait été interrogé : « Avez-vous des amis au gouvernement ». « J’en avais un », avait-il répondu au passé.

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