Ce lundi 10 juillet 2017, le conseil municipal d’Annonay a élu Antoinette Scherer comme Maire. Elle me succède après ma réélection comme député le 18 juin dernier et l’application de la loi interdisant le cumul des mandats. Je suis très heureux que ce soit Antoinette qui me succède. Elle est engagée, travailleuse et compétente. Je serai à ses côtés pour l’aider et l’accompagner. Vous trouverez ci-dessous mon intervention :

Madame, Monsieur, Chers Collègues,
Les 11 et 18 juin derniers, les Ardéchois de la seconde circonscription m’ont renouvelé leur confiance pour porter leur voix et celle de notre territoire à l’Assemblée Nationale.

Je les en remercie et je remercie tout particulièrement les Annonéens qui, pour la cinquième fois en dix ans, m’ont témoigné très largement leur soutien avec un résultat de plus de 70% au second tour.

C’est un honneur et une chance pour moi de représenter ce territoire où je suis né, où j’ai grandi et où j’ai choisi de construire ma vie.

Fils d’ouvriers, petit-fils d’un ouvrier tanneur et d’un ouvrier papetier, rien ne me prédestinait à exercer de telles fonctions sinon le travail, l’engagement et la chance d’avoir toujours pu compter sur des équipes fidèles, unies et engagées à mes cotés.

La loi interdit désormais aux parlementaires d’exercer une fonction exécutive locale, quelle qu’elle soit. C’est la raison pour laquelle j’ai adressé, il y a quelques jours au Préfet de l’Ardèche, ma démission de mes fonctions de maire d’Annonay.

C’est un crève-cœur car depuis maintenant bientôt dix ans, j’exerce cette fonction avec la même énergie, la même volonté et le même amour pour notre ville qui m’a tout donné et si souvent rendu cet attachement par sa confiance.

J’ai fait le choix d’être candidat aux élections législatives et donc de m’exposer à cette situation car j’ai la conviction, d’une part, d’être ainsi plus utile à notre territoire et notre commune dans cette fonction, et, d’autre part, d’être assuré que le travail engagé depuis 2008 se poursuivra avec – je l’espère – l’élection d’Antoinette Scherer comme maire dans un instant.

C’est là le plus important. Il faut que le travail se poursuive et à la place qui sera la mienne désormais, au sein de l’équipe municipale et aux côtés d’Antoinette, j’y prendrai toute ma part.

En 2008, nous avions pris trois engagements : moderniser la Ville et lui redonner de l’attractivité, la faire vivre et créer du lien entre les habitants, et enfin préparer l’avenir en améliorant sa situation financière.

Sur chacun de ces trois points, nous avons tenu parole et nous continuerons à avancer.

Des travaux de modernisation, nous en avons réalisés beaucoup, parfois même trop pour quelques esprits chagrins, et je garderai toujours une vraie fierté collective, une satisfaction personnelle assumée, d’être le maire qui aura transformé l’image du centre-ville avec notamment la requalification de la place des Cordeliers.

Je ne vais pas énumérer chaque chantier. Ca serait d’abord trop long et il n’est pas l’heure du bilan Celui-ci sera fait en 2020. Je sais que vous avez toutes et tous en tête des travaux comme l’allée de Beauregard, le PNRU de Zodiaque, la cantine de Vissenty, la place des Tanneurs, les trottoirs de l’avenue de l’Europe, la rénovation de la salle des fêtes ou du théâtre.

J’ai encore plus en tête, au moment où je m’adresse à vous, les chantiers en cours ou à venir comme la rénovation (longue et ardue) du centre-ancien, la requalification de la place de la Liberté, le quartier de Faya. Et j’en passe… cela prend du temps, cela mobilise des moyens mais c’est essentiel pour notre commune.

Nous voulions faire vivre la ville et la remettre au centre de la vie du Nord Ardèche. Festivités, feu d’artifice, tour de France, programmation culturelle et depuis quelques temps maintenant programmation estivale… nous avons usé de tous les moyens pour créer des moments de rencontre et là aussi, cette dynamique va se poursuivre en nous appuyant sur la richesse du tissu associatif local.

Remettre la ville au centre du Nord Ardèche, c’est aussi l’administrer autrement avec une mutualisation intégrale de nos services et ceux de l’Agglomération, mais aussi des partenariats désormais forts avec les services du département, de la région et de l’Etat.

C’est enfin, mais je pourrais être plus long, renouer des liens de confiance avec les acteurs économiques, de la fédération des commerçants aux industriels de notre bassin. Beaucoup parmi ces derniers ont encore de beaux et importants projets de développement ; je resterai bien évidemment à leurs côtés pour les accompagner et les soutenir.

Enfin, nous avions dit que nous préserverIons l’avenir en améliorant la situation financière de la Ville. Nous avons tenu parole et nous tiendrons encore et toujours parole dans ce domaine.

Les dépenses de fonctionnement sont maitrisées et nos charges à caractère général sont en baisse, sans jamais avoir touché (au contraire même) aux subventions aux associations. Nous avons investi plus de 40 millions d’euros en travaux et équipements au cours des 9 dernières années. La dette a été divisée par deux, en passant de plus de 22 millions à un peu plus de 11 millions d’euros. Et enfin, cette année nous avons amorcé la baisse des taux d’imposition qui sont depuis trop longtemps à un niveau TROP élevé même si aucune hausse n’était intervenue depuis 2002.

Notre situation financière est saine, comme l’a souligné le denier rapport de la chambre régionale des comptes.

Je sais aujourd’hui que je confie à Antoinette Scherer une ville en état de marche et qui peut aborder l’avenir sereinement.

Je veux souligner une chose.

Tout ce que nous avons réalisé, comme ce que nous réaliserons demain, a été et sera guidé par des valeurs et une méthode.

Des valeurs d’équité, de justice, de progrès et un attachement sans faille à ce qui fait la République : la laïcité, l’égalité, la volonté de donner à chacun et notamment aux plus jeunes le plus de chance de construire leur propre vie, le plus de moyens d’échapper à un déterminisme économique et social qui voudrait que le cours de l’existence des uns comme des autres ne puisse échapper à la fatalité heureuse ou malheureuse.

Je pense aux écrits de Pierre Bourdieu comme à ceux d’Annie Ernaux, non pas pour le seul plaisir de les citer mais pour dire que derrière chaque décision, nous devons mettre du sens, des valeurs et une traduction de nos engagements les plus personnels.

La méthode, pour sa part, a été celle du respect et du rassemblement…le premier étant nécessaire au second.

Je suis heureux de conduire une équipe, d’avoir conduit une équipe et d’en faire partie, qui rassemble des hommes et des femmes attachés aux mêmes valeurs et aux même modèle de société mais avec des parcours, des sensibilités, des engagements différents et qui s’enrichissent les uns et les autres. L’uniformité n’aurait pas de sens et serait surtout particulièrement stérile dans le domaine de la gestion municipale.

Avant que s’ouvre la procédure permettant l’élection de ma successeur, je voudrais dire choses.

La première pour souligner ce qui me paraît être une évidence.

J’ai toujours été Annonéen et je le reste.
J’ai toujours été sur le terrain et je le serai encore demain.

Je reste conseiller municipal et conseiller communautaire, comme la loi le permet, et je continuerai, comme je l’ai dit tout à l’heure, à porter les dossiers de notre ville et de son bassin. J’accompagnerai et je soutiendrai Antoinette Scherer et l’équipe municipale comme je soutiens et je soutiendrai Simon Plenet et les maires de l’Agglomération.

Je le ferai comme je le fais depuis dix ans, sans négliger le travail parlementaire qui me passionne et en restant, si le conseil d’administration le confirme en septembre, président de l’Association des Petites Villes de France.

La seconde est pour adresser des remerciements.

Je l’ai dit. L’heure n’est pas au bilan mais c’est, pour moi, bien évidemment une page qui se tourne.

Je veux d’abord remercier les Annonéennes et les Annonéens pour leur confiance qui ne m’a jamais manqué. Je serai toujours engagé avec eux et j’aurai, demain, encore besoin d’eux pour faire entendre notre voix aussi fort que possible.

Je veux remercier mes deux équipes municipales successives, de 2008 et 2014.

Un maire n’est rien sans une équipe et j’ai toujours pu compter sur chacune et chacun. Il faut être présents, unis, solides et en confiance pour affronter les moments difficiles comme pour prendre plaisir à partager les réussites et les joies.

Chacun amène sa différence, la cultive parfois, mais surtout chacun amène du temps, de l’énergie, des idées et de la solidarité.

Dans cette équipe, Antoinette est ma première adjointe depuis 2009, aux finances puis à l’urbanisme et au cadre de vie. Je sais son engagement, sa capacité de travail, sa volonté acharnée d’être juste et droite dans ses décisions. C’est tout cela qui fait que je suis particulièrement confiant de la voir me succéder.

Toujours à mes cotés, toujours en soutien, toujours en confiance, mais aussi et cela compte dans un monde politique que l’ont croit trop souvent froid et cynique, toujours en amitié et, j’ose le mot, en tendresse.

Je veux aussi remercier l’ensemble des services municipaux.

Bien loin des caricatures, je veux dire combien les femmes et les hommes de la fonction publique locale sont mobilisés et je sais pourtant que nous les avons parfois bousculés.

Mutualisation, transfert de compétences, projets nouveaux, contraintes budgétaires sur les recrutements et demande de polyvalence, les efforts demandés et fournis ont été nombreux et comptent pour beaucoup dans l’amélioration de la situation financière de la Ville comme dans la réalisation de nos projets.

Parmi eux, je pense évidemment tout particulièrement à mes plus proches collaborateurs : Christian Dumas, mon directeur de cabinet depuis 2008 mais surtout un ami et un conseiller parfois très franc depuis tellement plus longtemps, Céline Frey, directrice générale des services dont tout le monde salue avec raison le travail, l’humanité. Je suis heureux de notre complicité. Et de ce que nous avons fait ensemble.
Je pense aussi bien sûr à tous les autres : Nadiège, Elodie, Sébastien, Zoulika, Laetitia, Françoise, Sébastien, Antoine…, toutes et tous au cabinet, à la communication ou à la direction générale des services encore aujourd’hui ou il y a peu.

Je pense enfin aux membres du comité de direction, chefs de pôles, direction des finances ou du personnel, à qui j’ai demandé des trésors d’inventivité pour atteindre toujours plus d’objectifs avec moins de moyens, tout comme je salue le dialogue constant entretenu avec les représentants du personnel.

Ce sont eux, comme mes collaborateurs parlementaires, qui en plus de leur travail quotidien ont eu à gérer mon caractère…que je qualifierais d’ardéchois, mais aussi à partager mes craintes, parfois même quelques angoisses, comme les réussites et parfois des fous rires à voir se réaliser des idées qui avaient pu paraître saugrenues ou impensables.

Je veux aussi remercier celle et ceux qui, un jour du début des années 2000, ont eu la première des idées saugrenues que j’évoquais il y a un instant, en m’imaginant dans les fonctions que j’occupe. Ils sont toujours à mes côtés, ici ou ailleurs, et je n’imagine pas l’engagement politique sans eux. Amis, militants, soutiens fidèles, je sais ce que je leur dois.

Etre maire est aussi difficile que satisfaisant.

C’est la frustration de dire non par manque de moyens qui succède à la satisfaction des dossiers menés à bon port.
La pression du quotidien fait parfois oublier, heureusement brièvement, la chaleur des regards et des rencontres.
La complexité des dossiers, des règlements et des situations tranche avec la simplicité des échanges et la volonté d’avancer ensemble.

Cela reste avant tout une aventure humaine et je sais que je suis plus fort et humainement enrichi par cette expérience.

Chère Antoinette, et c’est la seule fois que je te tutoierai en conseil municipal, je te souhaite le meilleur. Je te l’ai dit. Il y a des choses que seul le maire vit et sait. Des choses qu’il ne peut partager ou alors qu’a posteriori. C’est aussi la richesse de cette aventure.

En tous les cas, je serai à tes côtés à chaque fois que tu le souhaiteras ou que tu en ressentiras le besoin.

Mesdames et messieurs les élus,

Je sais qu’au-delà de nos différences, de nos divergences, nous avons en commun le même attachement à notre ville et c’est vous toutes et tous que je salue et remercie pour nos échanges. Ils continueront. Différemment.

Pour ce qui me concerne, j’ai fait de mon mieux.

J’ai parfois douté, bien évidemment et, d’ailleurs, il faut toujours se méfier de ceux qui ne doutent de rien, je doute parfois encore. Mais comme l’écrit Albert Camus dans Carnets, « le doute, c’est ce qu’il y a de plus intime à l’homme ».

Je peux simplement vous assurer avoir tout mis en œuvre pour tenir mes engagements et être à la hauteur de la confiance que m’ont témoignée les Annonéens.

Vous devinez que mes sentiments sont partagés entre la tristesse de laisser une fonction que j’aime tellement exercer, la joie de le faire après une victoire électorale et en passant le flambeau à une amie, le soulagement aussi (et je crois que c’est une première dans notre histoire) de le faire sans y être contraint et forcé par une défaite ou une péripétie de le vie politique, l’envie enfin de continuer à servir notre commune au sein de l’équipe municipale et ailleurs.

La sérénité enfin, du fait de la confiance que j’ai en toute l’équipe.

Annonay est ma ville, je l’ai dit hier dans la presse locale, en soulignant qu’il n’y a là nul sentiment d’appartenance mais bien le sentiment d’être ici chez moi, parmi les miens.

C’est un attachement qui peut sembler irrationnel mais sans lequel nos fonctions, aux uns et aux autres, manqueraient de sel.

Merci à vous toutes et tous
Et ensemble, nous allons continuer à faire qu’Annonay avance!

Commentaires Facebook