Dans le débat sur les contrats aidés, et pour sortir du registre des seules déclarations générales, j’ai voulu sur France Info ce matin pointer deux contradictions dans le discours du Gouvernement et poser un constat sur lequel nous retrouver toutes et tous.
D’abord, le Gouvernement reproche aux collectivités d’avoir recours à des contrats aidés, en les qualifiant d’emplois subventionnés et en disant que si le besoin existe, il faut créer un emploi pérenne. Or, c’est l’Etat qui – au fil du temps et depuis longtemps – impose aux collectivités de prendre en charge plus de services (comme les temps périscolaires) avec moins de moyens et en leur reprochant de ne pas assez maitriser leur masse salariale. Comment s »étonner du recours à ces outils de financement d’emplois d’insertion?
Ensuite, quand on prend connaissance des secteurs qui restent prioritaires comme la sécurité ou l’Education Nationale, et nous en sommes d’accord, cela signifie que le même Etat, qui reproche aux collectivités d’avoir recours à ce mode de financement des emplois, permettra à ses seules administrations centrales d’y avoir recours. Comme si la maitrise de la masse salariale de ces ministères par ce moyen étaient acceptable pour eux et pas pour les collectivités.


Enfin, un constat peut être partagé. Les emplois aidés existent depuis plus de trente ans et ils permettent avant tout le retour à l’emploi de personnes éloignées du monde du travail, ils ont aussi permis de solvabiliser des employeurs, tant des associations que des petites collectivités, qui n’auraient jamais eu et n’ont toujours pas les moyens de créer ces emplois dans le cadre du droit commun. C’est en réalité un modèle économique qui s’est installé, y compris avec l’objectif d’offrir des services en atténuant largement leur coût pour l’usager final dans le secteur public comme associatif. C’est le cas en matière de garderie, de sports ou d’accès à la culture, comme pour la recherche du plus faible « reste à charge » pour les persones âgées en établiseement. Cela renvoie d’ailleurs au débat sur le partage des coûts entre l’usager et le contribuable. Si ce constat est partagé, cela signifie que l’extinction ou la réduction m
assive d’un tel dispositif ne peut être ni brutale ni précipitée.

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